La famille des hérons: les ardéidés

Lors de mes expositions ou conférences, une question revient très souvent : « J’ai aperçu un héron blanc, de quelle espèce s’agit-il ? » Ma réponse surprend toujours un peu quand j’explique qu’il n’existe aucun oiseau dont le nom scientifique ou vernaculaire soit simplement « Héron blanc ».

En ornithologie, la rigueur taxonomique est essentielle. Un oiseau est défini par sa Famille (qui regroupe des espèces partageant des caractéristiques morphologiques, génétiques et comportementales communes), elle-même divisée en Genres (qui rassemblent des espèces biologiquement très proches), puis en Espèces (qui regroupent des individus capables de se reproduire entre eux et de donner une descendance fertile).

La dénomination « héron » est une appellation générique. Elle englobe de nombreuses espèces appartenant à différents genres au sein de la famille des Ardéidés. Ce que le grand public prend pour un « héron blanc » est en réalité, le plus souvent, une Aigrette garzette, une Grande Aigrette ou un Héron garde-bœufs.

Héron cendré

Pour y voir plus clair, voici une présentation détaillée des neuf espèces d’ardéidés observables régulièrement en France:

Les grands hérons au plumage gris ou pourpré

Héron Cendré

Le Héron cendré est le plus grand et le plus commun des hérons européens, affichant une taille d’environ 90 cm. Son plumage est majoritairement gris, relevé par une tête blanche arborant une huppe noire prolongée de longues plumes nuchales, et son bec est puissant et jaunâtre. En vol, son cou est replié en forme de « S », une posture caractéristique de l’ensemble des ardéidés. Présent sur la totalité du territoire français, il s’agit d’une espèce sédentaire et nicheuse très commune. En Bretagne, il est omniprésent toute l’année, aussi bien sur le littoral, dans les abers et rias, que le long des cours d’eau intérieurs et des zones humides continentales où se trouvent de nombreuses héronnières.

Héron pourpré

Légèrement plus petit et plus élancé que son cousin le Héron cendré, environ 80 ou 85 cm. Il se distingue par un plumage spectaculaire aux nuances châtain, rousses et pourpre foncé, zébré de stries noires sur un cou extrêmement fin. Il s’agit d’un migrateur strict et d’un nicheur estival. Arrivé en France au début du printemps après avoir passé l’hiver en Afrique subsaharienne, il repart vers le sud dès le mois d’août. En Bretagne, le Héron pourpré est un oiseau rare et principalement de passage lors des migrations printanières et automnales. Sa nidification y reste exceptionnelle ou très marginale, la région manquant des très vastes roselières d’eau douce qu’il recherche particulièrement.

Les ardéidés à plumage blanc (les « hérons blancs »)

photo Aigrette garzette

L’Aigrette garzette est un oiseau élégant d’environ 60 cm, entièrement revêtu d’un plumage d’un blanc éclatant. Deux détails morphologiques permettent de l’identifier à coup sûr : un bec noir très élancé et des pattes noires dotées de pieds jaune vif parfaitement visibles lorsqu’elle marche. En période de reproduction, sa nuque se pare de deux fines plumes allongées. En Bretagne, l’Aigrette garzette est aujourd’hui une espèce sédentaire, nicheuse et particulièrement abondante. On l’observe quotidiennement sur l’ensemble du littoral breton, dans les vasières, les estuaires, les marais salants ainsi que sur les rives des fleuves côtiers où elle chasse en courant dans l’eau peu profonde.

Grande aigrette

Très légèrement plus grande que le Héron cendré, la Grande Aigrette représente le plus grand oiseau au plumage totalement blanc de nos zones humides. Elle possède un cou démesurément long et fin. Hors de la saison de reproduction, son bec est entièrement jaune et ses pattes sont sombres. Longtemps simple visiteuse hivernale venue d’Europe de l’Est, la Grande Aigrette s’installe progressivement en France. En Bretagne, elle est désormais une hivernante très régulière et présente de l’automne au début du printemps, notamment dans les étangs de Bretagne intérieurs, la Golfe du Morbihan ou les marais de Brière, mais exceptionnelle sur la Côte de Granit Rose. Bien que sa nidification s’étende en France, elle reste encore principalement une visiteuse de saison froide sur le territoire breton.

Héron garde-bœufs

Le Héron garde-bœufs est un petit héron trapu d’environ 50 cm, reconnaissable à son cou court et à son bec épais, généralement jaune ou orangé. Lors de la période nuptiale, des nuances chamois et orangées apparaissent sur sa calotte, son dos et sa poitrine. . On l’observe très souvent en groupes dans les prairies humides au milieu des bovins (d’où son nom) et des chevaux car le piétinement du bétail fait s’envoler les insectes cachés dans l’herbe et ressortir des vers, ce qui lui permet de capturer jusqu’à trois fois plus de proies tout en économisant son énergie.Originaire du bassin méditerranéen et du continent africain, il s’est fortement étendu vers le nord. En Bretagne, il a connu une expansion spectaculaire ces dernières décennies : c’est désormais un oiseau sédentaire et nicheur bien établi, particulièrement en Ille-et-Vilaine, dans le Morbihan et en Loire-Atlantique.

Les ardéidés de taille moyenne 

Bihoreau gris

Le Bihoreau gris est un héron compact d’environ 60 cm, au cou court et massif. L’adulte arbore une calotte et un dos noir bleuâtre brillant, des ailes grises, un ventre blanc et de grands yeux rouges très caractéristiques, tandis que le jeune présente un plumage brun tacheté de blanc. Cette espèce est principalement migratrice et nicheuse en France. En Bretagne, le Bihoreau gris est présent principalement comme nicheur estival et migrateur. Ses effectifs y sont très modestes mais plusieurs colonies sont bien implantées au bord des rivières et des étangs bretons. Ayant des mœurs essentiellement crépusculaires, il passe ses journées, caché dans les arbres bordant l’eau.

Crabier chevelu

Petit héron compact d’environ 45 cm, le Crabier chevelu possède un plumage beige-ocre et une touffe de longues plumes tombant sur la nuque. En vol, le déploiement de ses ailes d’un blanc pur crée un contraste saisissant, donnant l’impression fugitive d’observer un oiseau entièrement blanc. C’est le plus méridional et le plus rare de nos hérons migrateurs. En Bretagne, le Crabier chevelu est une espèce très rare, considérée comme un visiteur occasionnel ou un migrateur accidentel. Il ne niche pas dans la région, sa présence étant limitée à quelques individus égarés observés ponctuellement lors de la migration printanière.

Les hérons des roselières denses

Butor étoilé

Le Butor étoilé est un grand héron massif d’environ 70 cm dont le plumage brun clair strié de brun sombre et de noir lui offre un camouflage exceptionnel dans les roselières. Sédentaire et nicheur rare en France, il est fortement menacé à l’échelle nationale. En Bretagne, le Butor étoilé est un oiseau rare et très localisé. Il y est principalement hivernant ou migrateur, bien que quelques couples nicheurs subsistent dans de très rares zones humides préservées dotées de vastes roselières. Son observation reste exceptionnelle en raison de ses mœurs extrêmement discrètes et camouflées.

Blongios nain (crédit vogelwarte.ch)

De la taille d’un gros pigeon, environ 35 cm, le Blongios nain est le plus petit membre de la famille des ardéidés en Europe. Le mâle se distingue par un dos et une calotte noir brillant contrastant avec des ailes couleur crème, tandis que la femelle arbore des teintes plus brunes et tachetées. C’est un migrateur strict qui passe l’hiver en Afrique tropicale. En Bretagne, le Blongios minime est un nicheur rare et très discret pendant la période estivale. On le retrouve ponctuellement dans certains étangs et marais bretons riches en végétation, où il se déplace agilement en grimpant le long des tiges de roseaux.

Dans l’extrême sud de la France métropolitaine et en Corse on peut exceptionnellement apercevoir l’Aigrette de récifs majoritairement africaine.
Aux Antilles, on retrouve des espèces américaines emblématiques comme le Héron vert, le Bihoreau violacé, l’Aigrette neigeuse, l’Aigrette bleue ou le Grand Héron, aux côtés du Héron garde-bœufs et de la Grande Aigrette.

Voici quelques unes de mes photos de ces ardéidés présents en France, saurez vous les différentier? 

 

Héron garde-bœufs

Héron garde-bœufs

Héron pourpré

Héron pourpré

Héron pourpré

Héron pourpré

Héron cendré

Héron cendré

Héron cendré

Héron cendré

Héron pourpré

Héron pourpré

Héron pourpré

Héron pourpré

Héron pourpré

Héron pourpré

Héron pourpré

Héron pourpré

Héron pourpré

Héron pourpré

Héron cendré

Héron cendré

Héron cendré

Héron cendré

Héron cendré

Héron cendré

Héron cendré

Héron cendré

Héron cendré

Héron cendré

Héron cendré

Héron cendré

Héron cendré

Héron cendré

Héron cendré et Gallinule poule d'eau

Héron cendré et Gallinule poule d'eau

Héron cendré

Héron cendré

Héron garde-bœufs

Héron garde-bœufs

Héron garde-bœufs

Héron garde-bœufs

Aigrette garzette

Aigrette garzette

Aigrette garzette

Aigrette garzette

Grande aigrette

Grande aigrette

Aigrette garzette

Aigrette garzette

Grande aigrette

Grande aigrette

Grande aigrette

Grande aigrette

Grande aigrette

Grande aigrette

Grande aigrette

Grande aigrette

Aigrette garzette

Aigrette garzette

Aigrette garzette

Aigrette garzette

Aigrette garzette

Aigrette garzette

Aigrette garzette

Aigrette garzette

Grande aigrette , Etang de Careil

Grande aigrette , Etang de Careil

Aigrette garzette

Aigrette garzette

Crabier chevelu

Crabier chevelu

Crabier chevelu

Crabier chevelu

Crabier chevelu

Crabier chevelu

Héron pourpré

Héron pourpré

Bihoreau gris

Bihoreau gris

Bihoreau gris juvénile

Bihoreau gris juvénile

Crabier chevelu

Crabier chevelu

Crabier chevelu

Crabier chevelu

Crabier chevelu

Crabier chevelu

Crabier chevelu

Crabier chevelu

Crabier chevelu

Crabier chevelu