
Fous de bassan
Entre les sept îles et la côte de Perros Guirec ou Ploumanac’h, il est fréquent de voir un ballet de Fous de bassan, qui plongent de très haut à très haute vitesse pour capturer des poissons, puis se reposent quelques minutes posés à la surface de la mer, avant de redécoller difficilement du fait de la taille de leur ailes. Très souvent, comme lors de ma dernière sortie au Squéouel à Ploumanac’h, on peut aussi observer quelques dauphins qui chassent sur le même banc de poissons. Ce n’est pas simplement une coïncidence :
Le milieu naturel est souvent le théâtre d’alliances où la survie dicte des comportements de coopération dépassant les frontières des espèces. Parmi ces interactions, la collaboration entre les dauphins et les fous de bassan lors des chasses aux bancs de poissons, comme les sardines, les harengs ou les maquereaux , est l’un de ces spectacles impressionnants. Bien que ces deux prédateurs n’aient aucun lien de parenté, ils ont développé une synergie redoutable qui maximise l’efficacité de leur quête de nourriture.
Tout commence généralement par l’action des dauphins. Grâce à leur sonar sophistiqué, ils repèrent les bancs de poissons en profondeur. En nageant de manière coordonnée, les cétacés encerclent les proies pour former ce qu’on appelle une « boule d’appât ». En resserrant l’étau, ils forcent les poissons à remonter vers la surface, créant ainsi une concentration massive de nourriture dans un espace restreint. Pour les poissons, c’est un piège sans issue, car la surface de l’eau devient une barrière infranchissable.
C’est ici qu’interviennent les Fous de bassan. Depuis le ciel, ces oiseaux marins repèrent l’agitation bouillonnante créée par les dauphins. Ils utilisent l’activité des mammifères marins comme un signal visuel infaillible. En plongeant de plusieurs dizaines de mètres de haut à des vitesses dépassant les 100 km/h, les fous de bassan percutent l’eau comme des flèches, saisissant les poissons étourdis. Cette attaque aérienne profite aux dauphins, car elle désoriente davantage le banc de poissons, l’empêchant de se disperser.
Cette relation est un exemple parfait de facilitation mutuelle. Les dauphins font le travail de rabattage et de regroupement, tandis que les fous de bassan, par leurs plongeons répétés, maintiennent la cohésion du banc en dessous de la surface. Chacun tire parti de la stratégie de l’autre pour s’offrir un festin qu’il n’aurait pu obtenir avec autant d’aisance en chassant seul. C’est une alliance tactique entre l’intelligence des cétacés et la précision des oiseaux.

Fous de bassan

Fous de bassan


Dauphins communs

Fous de bassan

Fous de bassan

Fous de bassan et Dauphin commun

Fous de bassan

Fous de bassan

Fous de bassan

Dauphins communs

Fous de bassan

Fous de bassan

Fous de bassan