
Fou de Bassan
Le Fou de Bassan (Morus bassanus – Northern Gannet en anglais) est le deuxième plus grand oiseau marin nicheur régulier d’Europe avec une envergure de 1,8 à 2 m; C’est même le plus grand en Europe Occidentale puisque le plus grand, le Pélican frisé, n’est présent qu’en Grèce et dans le delta du Danube. Le Fou de bassan est très présent sur les côtes atlantiques, notamment en Bretagne et au Royaume-Uni.
Le Fou de Bassan est un grand migrateur. Après la saison de reproduction, il quitte ses colonies à la fin de l’été et à l’automne pour passer l’hiver en mer.
Contrairement à beaucoup d’oiseaux côtiers, le fou de Bassan passe l’hiver essentiellement au large, en pleine mer. Il ne revient à terre qu’exceptionnellement. Il se repose à la surface de l’eau entre deux phases de pêche.
Les oiseaux nicheurs d’Europe (Royaume-Uni, Irlande, Bretagne, Islande, Norvège) descendent principalement vers le sud de l’Atlantique Est. Ils hivernent le long des côtes atlantiques françaises, espagnoles, portugaises jusqu’au golfe de Guinée.
Les jeunes, en particulier, peuvent parcourir de très longues distances et hiverner plus au sud que les adultes.
Les adultes sont très fidèles à leur colonie de naissance ou de reproduction. Dès janvier ou février, les premiers individus réapparaissent autour des sites de nidification annonçant le début d’un nouveau cycle.
En France, la réserve naturelle nationale des Sept-Îles, au large de Perros-Guirec, sur la Côte de Granit Rose, constitue son unique sanctuaire de reproduction. Ce site d’exception a longtemps été le théâtre d’une expansion spectaculaire passant de quelques dizaines de couples au début du XXᵉ siècle à plus de 20 000 couples nicheurs.
Toutefois, l’épisode récent de grippe aviaire, en 2021mais
surtout 2022, a brutalement affecté la population, provoquant une mortalité
importante et un net recul des effectifs. De plus de 20,000 couples, la
population a diminué de moitié mais semble remonter à nouveau : (14 124
couples recensés en 2024 sur l’Île Rouzic) )
Les falaises autrefois immaculées ont parfois laissé
apparaître des vides inhabituels, rappelant la fragilité de ces équilibres
marins
Le fou de Bassan (Morus bassanus) doit son nom à l’îlot écossais de Bass Rock, situé dans le Firth of Forth en Écosse, qui abrite la plus importante colonie mondiale de l’espèce.
Le terme « fou » proviendrait quant à lui de l’observation de sa démarche maladroite sur la terre ferme et de sa surprenante docilité face à l’homme durant la période de nidification, des traits que les marins d’autrefois interprétaient à tort comme une forme de stupidité. Selon une autre hypothèse, ce seraient des pêcheurs qui, voyant que cet oiseau remontait toujours en surface avec le bec vide, lui ont donné le nom de fou… Ils ne savaient alors pas que l’oiseau avalait ses proies directement sous l’eau
Le fou de Bassan est très célèbre pour sa fidélité. Les couples, formés après des parades ponctuées de révérences et de claquements de bec, se retrouvent souvent d’une année sur l’autre au même nid. Certains individus bagués aux Sept-Îles ont été observés revenant précisément au même emplacement pendant de nombreuses saisons.
À leur retour sur la colonie, souvent dès février, le mâle choisit ou retrouve l’emplacement utilisé l’année précédente. Le nid est installé au sol, parfois sur une corniche rocheuse ou un plateau herbeux. Il est constitué principalement d’algues, d’herbes, de brindilles et de débris végétaux ramassés aux alentours ou en mer. Le mâle apporte la majorité des matériaux, qu’il dépose devant la femelle. Celle-ci les arrange soigneusement avec son bec pour former une structure circulaire légèrement surélevée.
Au fil des jours, le nid devient une sorte de petit monticule compacté par les allers-retours du couple. Dans les grandes colonies, les nids sont serrés les uns contre les autres, parfois espacés de seulement quelques dizaines de centimètres. Cette proximité favorise les tensions : les voisins se menacent en étirant le cou et en claquant du bec pour défendre leur minuscule territoire.
La femelle pond un seul œuf, que les deux parents couvent à tour de rôle pendant environ six semaines.
Le Fou de Bassan consomme en moyenne 400 à 600 grammes de poisson par jour en période normale. Cependant, en période de reproduction, lorsqu’il doit nourrir son poussin, un adulte peut capturer jusqu’à 700 à 1 000 grammes par jour, car il doit subvenir à ses propres besoins énergétiques et à ceux du jeune. Les proies sont principalement des poissons pélagiques comme le maquereau, le hareng, le sprat ou le lançon.
Un poussin en pleine croissance peut recevoir plusieurs centaines de grammes de poisson par jour, régurgités par les parents directement au nid.
Ainsi, sur une saison de reproduction complète, la colonie des Fous de bassan des Sept îles prélève entre 4000 et 5000 tonnes de poisson. L’extension significative de la réserve des Sept îles en 2023 (de 280 ha à19700 ha) a pour objectif de favoriser l’extension de leur colonie.
L’organisme du Fou de Bassan est adapté à sa technique de pêche très spectaculaire : Capable de repérer un banc de poissons à quarante mètres de hauteur, il se transforme en une véritable torpille vivante, percutant la surface de l’eau à une vitesse avoisinant les cent kilomètres/heure. Pour éviter une commotion cérébrale fatale à chaque immersion, son anatomie crânienne présente des particularités uniques : Lorsqu’il plonge, la tête frappe l’eau en premier. Pour protéger le cerveau, l’espèce dispose de plusieurs mécanismes spécialisés : des sacs aériens sous-cutanés au niveau de la tête et du cou qui agissent comme des coussins amortisseurs, un crâne renforcé.
De plus, son bec est parfaitement aligné avec l’axe du crâne, et il ne possède pas de narines externes (elles sont remplacées par des fentes secondaires à l’intérieur du bec) pour éviter que l’eau ne soit projetée violemment dans les sinus et le cerveau lors de l’entrée dans l’eau.
Enfin, il possède une troisième paupière extrêmement robuste. Elle se ferme en une fraction de seconde juste avant le contact avec l’eau, agissant comme des lunettes de protection pour éviter que la pression hydrostatique n’endommage le nerf optique et les connexions cérébrales visuelles.
Comment bien le photographier ?
Le plus simple est de le photographier depuis la navette des Sept Îles entre avril et septembre. Proche de l’île Rouzic on est entouré de Fous de bassan; on peut aussi observer d’assez près la falaise et tous les nids avec des juvéniles. On n’a pas besoin de longue focale (300 mm est suffisant) mais une vitesse élevée est nécessaire pour annuler le flou de bougé provoqué par le tangage du bateau.
On peut aussi observer les Fous de bassan depuis les rochers de Ploumanac’h en particulier quand on a la chance qu’un banc de poissons soit présent. Il faut alors une focale plus longue (600 mm) et un bon auto-focus pour capturer leurs plongeons.

Fou de Bassan

Fou de bassan rapportant des algues pour le nid

Colonie de Fous de bassan et quelques guillemots

Fou de Bassan

jusqu'à 2 m d'envergure pour le Fou de bassan

Fou de bassan dans les vagues

Fou de bassan rapportant des algues pour le nid

Fou de Bassan

Fou de bassan juvénile

Fou de bassan

Fou de bassan

Fou de bassan en plongée

Fous de bassan —Réserve des Sept Îles (22) —4 juin 2021

Fou de bassan rapportant des algues pour le nid

jusqu'à 2 m d'envergure pour le Fou de bassan

Fou de bassan rapportant des algues pour le nid

Colonie de Fous de bassan dont quelques immatures

Fou de bassan aux yeux bleus mais l'air féroce

Fou de bassan aux yeux bleus

Fou de bassan prépare sa plongée